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Georges L. ZETER

Georges L. ZETER

Ici tout va bien, exceptée la réalité - Here? Everything goes well, except reality.


NAMU - La femme du Pays des Filles

Publié par GéZé - Georges Zeter sur 4 Juillet 2011, 10:14am

Catégories : #ECOLO-Un con-patible

namu5 copyPas plus tard que ce matin en discutant avec une amie à propos de l’éducation des enfants « oui, mais si tu ne fais pas faire à tes enfants ce que tous les autres font, ils seront mis à l’index, rejetés, différents, ils ne pourront pas vivre normalement… »
C’est misère d’entendre l’énorme majorité de mes contemporains penser/Clamer ainsi : bêler avec le troupeau, et surtout penser « comme tout le monde, faire comme tout le monde » ; quant à moi, « la différence » m’attirera toujours plus, que l’uniformité ennuyeuse et salonnarde… Question sans doute de nature profonde et de culture de SAdifférence.
Je m’en vais vous conter une histoire qui a pour source « LA DIFFERENCE assumée et exemplaire.
Ça commence en 2001, à l’époque je vis à Chiang Mai en Thaïlande. En 2 heures de vol, j’atterris à Kunming capitale de la province du Yunnan en Chine (état du sud ouest de l’Himalaya) ; mais aussi, si on excepte les rizières en balcon d’une beauté à couper le souffle ; le pays du peuple Mosuo ou Moso ou Mosso.
 
Rapidement 
Un peuple de culture millénaire. Pas plus d’une trentaine de milliers entre le Yunnan et le Sichuan. Société entièrement dirigée (intelligemment) par des femmes.
Le mariage n’existe pas, la monogamie non plus, les enfants, les maisons et les terres appartiennent par droit de transmission aux femmes. L’homme restera chez sa mère ou ses tantes et sa vie durant élèvera ses neveux et nièces comme s’il était leur père. La transmission des noms est féminine. A l’âge de 13 ans chaque jeune fille après une cérémonie Bouddhiste recevra la clef de sa chambre : la « chambre des fleurs »
où elle pourra recevoir des hommes sans limitation de nombre, sa gourmandise la poussera à déguster le thé au beurre de yack et elle deviendra ainsi membre de la communauté du « Pays des Filles » ; le pays de Mosuo.
En cette communauté est née, on ne sait pas exactement quand car l’état civil n’existe pas Yang Erche Namu dit :
         
Namu
Et là ça rejoint ce par quoi je commençais : cultiver SA différence. En faire un point d’encrage de force, de dynamisme : horizontal (aller vers les autres) à contralto du dynamisme vertical (celui qui écrase les autres)
Ya pas plus conservateur qu’un Chinois en ce début du 21ème. Après la révolution culturelle de Mao et puis la société communiste-capitalo ; chaque Chinois aspire à se fondre dans le moule commun de l’obsession unique : gagner des thunes – point !
 
Et là surgit ya environ 20 ans une petite nana de l’infime minorité Moso ; 30.000 comparée à la majorité de 1.3 milliard. C’est dire qu’en pourcentage elle n’existe pas. Pourtant, notre héroïne va se faire accepter au conservatoire de Shanghai, puis, faire carrière comme chanteuse punk, puis, déambulant sur la place Tiananmen en 89, elle va se marier en regardant la répression et partir à San Francisco, devenir citoyenne américaine, devenir mannequin en Italie écrire des livres qui se vendent bien et…. Être l’ambassadrice de son pays, de sa minorité, de sa différence. D’ailleurs un beau livre écrit par Catherine Mathieu - Adieu au lac mère - Nous dessine le portrait en jeune de cette femme inhabituelle. - « Je ne suis pas particulièrement belle, ma famille est très normale. Mais j'ai toujours su qu'il y avait une chance pour moi. Je dois être une femme-Bouddha. » Elle se vante aussi d'être « énergique et forte comme un yack » et d'aller toujours droit au but. « Est-ce une qualité ou de l'égoïsme ? Si je vois mon chemin, j'y vais. C'est tout. »i
Voila, voir ou entrevoir son chemin et y aller, c’est tout !
« J'ai toujours su que j'étais différente,dit-elle. Les oiseaux qui venaient l'hiver se réfugier près du lac, je pouvais les regarder des heures et des heures. Je me demandais toujours ce qui se passait là d'où ils surgissaient, derrière les montagnes. Je voulais aller voir de l'autre côté. »ii
 
Elle est allée voir, à vu et à donnée.

Donc, combien d’entre nous se sentent « différents », mais qui par lâcheté deviennent « bien t’chez nous », « du cru », de la « main stream » ? La société, la famille, l’école nous apprend à être « droit dans le fil », ya pas une tète qui dépasse… Circulez ya rien à voir. Pourtant si ! Ya tellement à voir !
 
Je me sens attiré si fortement par ces « d’une autre caste, de ces pas comme tout l’monde ».
 
Etre « différent » se paye au prix fort, en général vous pensez de travers, vous soulevez des sujets dont tout le monde veut taire, et vous avez toujours l’idée que chacun se refuse. Et vous pensez en rond car vos idées sont courbes loin de la ligne d’horizon si droite… Etroite. Question de parallaxe ; question de couché tonnant !
 
Namu est une femme, LIBRE, dans une société chinoise complètement phagocytée par la pensée tournant en rond, retournée sur elle-même se regardant le nombril… N’oubliez jamais que les Chinois sont capables de tout cuisiner. Les Nombrils…
         
Le pourquoi du comment…
 
Ben, parce que lors de ma visite du Pays des Filles, de retour à Kunming dans mon hôtel j’ai passé une nuit avec une « belle de chine - nuit divine » - Je peux vous garantir que c’est vrai ! Divine la nuit ! Comme elle parlait un anglais folklorique, j ai cru comprendre quelle venait de la région du lac Lugu ; (d’où est issue Miss Namu), quelle voulait « essayer » un étranger (wàiguoren), et qu’elle m’a plantée là, sans une bise ou un semblant d’au revoir. Elle a pris une douche, et ait sorti. Je n’ai jamais su si convainquant j’avais été ? Mon ego de petit male de l’ouest en a pris un coup… La belle a quitté la « chambre des fleurs »… Sans se retourner.
 
Voila.
Merci à celle qui durant une seule nuit rend inoubliable un coïte passager. Non, que tu fusses la plus belle, la plus aimante ou la plus cochonne, non ! Mais parce que par éducation et culture tu étais et tu es encore certainement si tu vis toujours, un être, différent. De plus :
 
En ta culture l’homme doit s’économiser pendant la journée (donc ne rien foutre) pour que le soir il puisse être très performant avec Madame. J’ADORE !!! Et ne t’oublie pas femme du lac Lugu.
10 ans après je te dis : Fēi cháng gǎn xiè - Belle inconnue du Pays des Filles, j’en ai connu d’autres depuis ; Mais bon toi… C’est pour ça que j’aime bien Namu… Une projection ?


Georges Zeter. Juillet/2011


ihttp://www.francelecture.net/yangerchenamu.htm
 
ii Idem
 
 
 

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