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Georges L. ZETER

Georges L. ZETER

Ici tout va bien, exceptée la réalité - Here? Everything goes well, except reality.


Les Zoulous chantent, les Zélus s’enchantent

Publié par Georges L. Zeter sur 14 Juin 2013, 14:19pm

Catégories : #Un Con-Pétant!

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… Et pendant qu’un Darcos est reçu à l’académie française sous les rires calculés en racines au carré, tout en bas tout là-bas au sud-sud résonne le bel canto  ; Et pendant qu’un Lefebvre sans retenue aucune s’étale dans nos médias-pue la honte, d’Afrique du Sud montent des voix de jeunes filles -  très hautes, des voix cristallines à la recherche de cette note contre ut ultime ; Et pendant qu’un Balkany pique-assiette ose représenter la France au forum de Doha ; Pretty Yendé travaille son vibrato-soprano et enfin, pendant qu’un Sarkozy à Dakar discourait sans savoir véritablement de quoi il parlait : « le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire… » « Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a pas de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès », Afin de lui prouver le contraire ; des townships des voix de jeunes garçons Zoulous, chaudes, vibrantes, barytonniennes font trembler toutes les vitres de la baraque colorée, de guingois.
En Afrique du Sud, même dans les endroits reculés les plus aculés, il n'est pas rare de rencontrer des adolescents qui entonnent à pleine voix des airs de Mozart, de Verdi, Il faut dire que selon les latitudes où l’on vit, le bonheur, c'est peut-être ça: l'imagination. Quand on en manque, il ne reste que les platitudes de la vie, les honneurs biens sonnants, les breloques pandouillantes, les ors de la république et les voyages tous frais payés des délégations lèche-culteuses.
Un documentaire : Afrique du Sud – Cap sur l’opéra
Un regard étonnant et en musique sur la génération d'après-apartheid.
 
À quoi tient cet enthousiasme pour l'opéra ? C'est que, là-bas, de par une forte tradition chorale, chanter est devenu aussi naturel que jouer au Cricket. Ainsi, l'Afrique du Sud dispose–t-elle d'un énorme potentiel de voix remarquables.
L'Opéra du Cap, le seul de tout le continent africain à proposer une programmation annuelle, l'a bien compris. Une fois par an, un minibus emmène des jeunes chanteurs - noirs, blancs ou coloured (métis) - sillonner le pays.  Leur mission : sensibiliser les élèves au chant lyrique et repérer les nouveaux talents. Le réalisateur les a accompagnés dans ce voyage où l'on découvre l'engouement des jeunes Sud-Africains pour la troupe du Cap et où se révèlent de jeunes prodiges aux histoires touchantes - beaucoup venant des bidonvilles.
Et moi... J’en suis encore tout retourne-boulé et zému par la beauté indicible de ces voix décrochées des cieux et tombantes magiquement au fond de mes oreilles. Quel beau reportage, ces mômes des townships, des bidonvilles, chantant le bel canto; soudain, la laideur alentour se transforme en des coulisses dignes de la Scala ; J'en aie la chair de poule tout du long et plein de larmes dans les yeux. Un de ces mômes nous dit: "Lorsque t’as pas les moyens de t'acheter un instrument de musique; ben, il te reste ta voix. "  Waouh, ça c’est de l’espoir en barre man !
Et comme toute dynamique il en sort des champions, des très bons, des très bonnes.
Pretty Yende; qui a grandie à Thandukukhanya, un township de Piet Retief, dans l'est du pays; est une voix qui prend aux tripes ; Elle a d'ailleurs remportée en juillet dernier le concours Operalia, organisé par le chanteur espagnol Placido Domingo. Ces jours ci, elle réside à Milan, et travaille à la Scala...  Et c'est une parmi tant d'autres qui montent qui montent.  Je prends le parie que dans 20 ans, le milieu de l'opéra sera excusez la comparaison comme celui de la finale du 100 mètres au JO.  Des noirs, des noires partout, car, le réservoir Sud Africain parait sans fond. Des talents qui éclosent énormes en ces bidonvilles frappés par la violence, la misère, le Sida, et le racisme.
Pretty Yende chantant du Rossini… Ç’est du tournedos bien saignant.  Bref, comme il va certainement faire un temps pourri ce weekend et bien visionnez, écoutez.
… Et pendant ce temps-là, l’Darcos « qui n’a pas un bac + 5 qui sert à torcher les marmots » s’assiéra à coté de Giscard le lubrique qui à trac blablatera sur ses coucheries fantasmées avec la Lady d’ail ; le Balkany piquera certainement les couverts en argent, les robinets en or, les ronds de table en platine de chez les rois du pétrole, l’Fredo Lefebvre lui relira Zadig & Voltaire des éditions Spirou, mais en anglais cette fois, et l’petiot Nico, s’posera la question qui le démange et le gratouille depuis juillet 2007 : Comment d'un œuf bien blanc, peut-il en sortir un poussin noir ? Faut dire que son pote l’Enrico lui aussi a buché sur ce couscous-là - purée ! Et l’a rien trouvé l’ Macias ; donc ! Par saint méchoui, Vite, tous au Clavier pour que nous soyons frais et Reno !
Allez, trèfle de blague à papa ! J’vais chanter sous la duche.
 
Georges Zeter/Juin 2013
 

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