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Georges L. ZETER

Georges L. ZETER

Ici tout va bien, exceptée la réalité - Here? Everything goes well, except reality.


Marseille s’éveille et j’en oublie le nom…

Publié par Georges L. Zeter sur 17 Janvier 2014, 20:03pm

Catégories : #Un Con-Pétant!

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Marseille, tu es une femme à seins hauts… Qui tombent.

La ville à bobo pointait, le blafard contre-jour, sans sirène du port, le port étant mort, la sardine sabordée ; Elle s’est donc ramassée sur elle-même la ville, et grandit en hauteur capitale culturelle de l’Europe mon pechère ! de sang. Des immeubles 4 étoiles, des limons Haussmanniens, des « space » artistico, galeries za dollars, mangeoires du nouveau monde, agences immo, agences banco, agences assuro et agences d’agences ; ya même un bison grandeur nature en matière plastique stratifié dur qui joue les immobiles en milieu de chaussée, à large, très larges trottoirs où quelques piétons égarés, s’égarent en point de fuite.

 

Bobos très bios y’a pas à dire. C’est bandant le Marseille sous les emprunts venteux des banques à pourcentages fixes.

 

Elle avait chassée tout, la ville ; Tous, de ce qui pouvait passer pour « humain », du moins du bas, bien sûr… Ces familles nombreuses à gamins chahuteurs sur des trottoirs lustrés de panisses ; Des petites vieilles à cabas, à cabots pissotants, des petits vieux chiqueurs encalminés à moustaches roussies, assis sur des bancs de fortune, de bravache, té ! Le clochard à la cloche de merle et l’instrument résonne les quelques vêpres sonnent ou que sais-je? Fernandel ? Y’avait l’épicier du coin de la rue, ouvrant son rideau d’fer, qui grinçait à pleurer et réveillait l’quartier, un charcutier torchait ses mains dans l’tablier, rosé de sang et l’boulanger s’en roulant une bien méritée et interpelant Jeanne la prostituée guettant l’chaland, « tu viens mon amour ? » , le 1er chaud lapin du jour à Potron minet sur la Joliette… A Marseille s’éveillait ainsi vers les 6 heures, comme un petit jardin parisien vers les 5 heures… Ya ? Moins de 10 ans pourtant.

 

 

PIS !  SONT Arrivé les Mantes carnassières.  Avides

   

 Zaujourd’hui ; sans un bruit d’un son étouffé, l’enseigne du Mc Donald fait contre point de l’autre coté du boulevard république à un Subway ; le Monop, fait grimace à la Brioche Dorée… Le vent s’engouffre en ces pâtés d’immeubles, restaurés, ripolinés, à portes cochères imposantes, impôts tant. D’aucun diront : c’est bien ! Le tram file sous son doux tac à tac, les trottoirs sont proprets, y a moins de bagnoles, peuvent plus se garer, les arbres plantés sont à équidistance de chacun, leurs feuilles sont comptées, comptabilisées ;les hauteurs d’escaliers égales, les perspectives droites, rectilignes, tout est dans le gris, noir et beige. Rien ne dépasse ; tout nous trépasse à la trappe. Cette impression de vide m’astreint. Je m’époumone contre un Mistral des ventes. Tout ça n’est pas joli-Joliette à regarder, ça sent la mort.  

 

     

Quant aux nouveaux quidams qui déambulent, ceux des nouveaux habitants ? Les « PRIMO-ARRIVANTS ? Une nouvelle race certainement venue de l’espace ? Ont-ils le petit doigt en l’air ? Sont presque tous identiques. Males ou femelles même taille, même facies, même-même ; oui ! Sont Même à en mourir. Sont tous fringués pareil, noir à capuche ; sont tous le nez, la tête, la bite enfouie dans le Smartphone, sont tous en train de bouffer en marchant ; sont tous en train de causer en même temps, sont tous en train de vivre en bougeant, sont tous en train de monter dans le tram, de descendre du bus, remonter dans l’hygiaphone, fumer, car ils fument comme des dingues, pis s’arrêtent 2 secondes, s’engouffrent dans l’œsophage un kebab, détruisent un baobab… De quoi parles-je là ? Me saoule !  Leur regard vide de noyé et non pas de noyer sous lequel j’aimais m’engouffrer en une sieste calme et paisible. Ils me foutent les chtons ces cons ! Toujours prêt à mordre, toujours prêt à te pisser dessus, à te détruire. Un monde de clonés tristes, et de tristes clooney, what else marc de café?

 

 

J’suis lucide, et je m’assieds sur le banc des galériens passés de mode, et je regardes et observes le flot dégoulinant qui foule les pavés, bien carrés, sans révolte… C’est là, en cet instant précis où j’ai envie de mourir, d’être enfouie en une terre nourricière qui aurait perçue, ceux qui réfléchissent.

 

 

Mais bon, j’suis une carne ; alors de l’avant bon sang !

 

   

Louer un logement dans cet enchevêtrement de bobohitude et de profits à court terme ? C’est se retrouver devant un branleur de 25 ans sachant à peine articuler deux phrases sans le mot fric. C’est se retrouver devant une jeune femme, bête à vouloir devenir herbivore, estampillée « agents immobiliers », c’est payer 700 euros par mois pour un studio de 21 mètres carrés. Des fortunes se construisent, des proprios de la vieille génération se gavent, comme ça ; Ben, ils pourront toujours aller acheter leur jeune nouvelle épouse en Thaïlande, au Cambodge ou à Madagascar, et puis même s’ils bandent mou, y’aura bien un médicament plus dément qu’le viagra, non?

 

 

Plus je vieillis, plus je suis triste. J’aime tellement la vie qui éclos et j’ai aimé cette ville… qui se meure grâce à ces bobos-crétins. Marseille, s’il te plait, sens à nouveau le poisson, sens à nouveau les sardines grillées de l’Estaque, la couleur jaune vive, la palette des peintres, le pastis sous les ongles… L’ouverture de ton port.  Altier.

 

 

 

… Mais je sais que c’est donner un coup d’épée dans l’onde bleue.

 

Georges Zeter/Janvier 2014

 

 

Pacé et saluti  

 


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tarascou 20/01/2015 14:06

oui, balèze de construire du vide avec des millions d'euro, le mistral n'en demandait pas tant.

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