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Georges L. ZETER

Georges L. ZETER

Ici tout va bien, exceptée la réalité - Here? Everything goes well, except reality.


Un flot d’Hommes s’écoulât : Pierre Schoendoerffer

Publié par Georges Zeter sur 18 Mars 2012, 11:51am

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Trois générations d’Hommes français. Exceptionnels, nés entre 1900 et 1940. Trois histoires d’amitiés indéfectibles.

Désolé les gars de créer de toute pièce cette filiation, mais elle tombe sous le sens ; vous êtes fait du même bois, celui qui ne flottera jamais entre deux eaux, mais celui qui surmonte les flots. 

Tu es le dernier cher Jacques à faire le guet au milieu du fleuve, qu’est là vie, qui s’écoule par bouillons, mais souvent s’en va dans le sens de la pente comme Pierre parti y’a 4 jours et 33 ans pour Kessel.

J’espère que tous ! Trouvons non pas des héros, mais des « pères » et « mères » des grands frères d’exemplarité, des hommes, des femmes à qui nous voudrions ressembler, nous projeter, des hommes à qui l’on pense en se disant : ouais, j’voudrais être comme lui ! Appelez cela admiration. Un sentiment qui stimule nos aspirations, et qui porte à vouloir rencontrer nos rêves.

 

"La première de toutes les passions est l'admiration."
René Descartes

 

Ado, ça a commencé avec Kessel.  

A l’âge ado, mon papa ben, je lui avais trouvé ses limites… Mais comme il fallait me construire ;  mon « héro » de l’époque - Emile Zola ; ses livres me transportaient dans un autre monde, la rencontre de Lantier fut un choc. J’étais pensionnaire bien au chaud dans ma petite école, et prenais conscience que d’autres avaient faim, avaient froid de par le monde vaste. Pourtant ce cher Emile me paraissait à juste titre désincarné, car, mort au début du siècle, sa personnalité m’était étrangère, de plus sur les photos il avait la tête de mon arrière grand-père. Un jeune pour se projeter à besoin d’admirer un être de chair et de sang.  Quelques temps après je tombais sur le livre l’équipage, de Kessel, un mec né en Argentine, puis ayant fait le tour de la terre en passant par le Transsibérien et par toutes les guerres. Un baroudeur, un bambocheur, picoleur, bagarreur, homme à femme ; bref, ça, comme exemple me plaisait bien. Je dévorais ses livres et suivait son actualité. Il me fit découvrir son pote Giacometti et un autre écrivain que j’aime Romain Gary, il était l’oncle de Maurice Druon, l’auteur des Rois maudits… Ces deux là avaient écrit sur un coin d’une table à Londres Le chant des partisans. Les chiens ne vont jamais avec les chats n’est ce pas ! Et ainsi pendant mes années vertes, au lieu de baver sur les Stones ou Jimmy Hendrix, ben moi c’était Monsieur Joseph.

Ci-joint une petite vidéo afin de redécouvrir celui qui était surnommé Le Lion, il parle de l’époque Montparnassienne juste après la 1ere guerre mondiale.

VIDéo

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Je suis de la génération lecture. Mon 1er frisson littéraire fut le livre des merveilles de Marco Polo, je le relis de temps à autres encore. J’avais donc les prédispositions pour inspirer ma vie, qui serait faite de voyages, d’expériences multiples, avec beaucoup de fêtes, beaucoup de femmes… Et je m’y suis tenu cher Kessel.  Merci, grâce à toi je ne me suis pas ennuyé.

Mais bon, faut grandir – Pierre Schoendoerffer

Le 2ème choc, alors jeune adulte fut d’aller voir Le crabe tambour. J’étais à Brest le décor s’y prêtait, et en sortant du ciné, je me dis deux choses : que les êtres croisés dans une existence sont comme les boules d’un collier qui tournent dans votre main, agréable au touché, vous mettant parfois le vague à l’âme, se souvenir des êtres, c’est se souvenir des lieux, des odeurs, des sons, des songes ; et qu’ensuite, c’était comme ça qu’un film devrait être brossé. Comme le navire du film qui remonte la trombe d’eau qui éclate sur le gaillard avant sans jamais changer de cap – droite-toute matelot !

Pierre était pote avec Joseph ; ils avaient pas mal bourlingués tous les deux, avaient bossés ensemble sur plusieurs films. Pierre filma les affres des vaincus et en fit des hommes exemplaires de courage et d’abnégation. Tu m’as donné un sens au mot admiration ; car, tu faisais des choses hors de ma portée, mais qui aussi me poussaient à vouloir me transcender, afin de pouvoir t’égaler si possible. Tu m’as appris le sens de la détermination. Merci ! J’ai travaillé dans l’industrie cinématographique pendant de longues années, je n’y aie pas rencontré le succès, mais aie eu la chance de croiser des êtres incroyables, d’aller dans des endroits invisitables, et enfin d’avoir cette vie « d’aventure ».

Dans un de tes films, la 317e Section, un jeune acteur crève l’écran : Jacques Perrin, plus vrai que vrai.  On peut sentir l’étreinte de la jungle, l’angoisse des pièges tendus, l’épouvante des nuits moites et le Vietminh talonnant la section. Tu tournais vrai Pierre, si j’avais pût faire mes films, je me serais inspiré de toi.  A caméra vrai, cœur pur.

 

VIDéo

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L’âge adulte – Jacques Perrin

Y’a eu le Grand Jacques avant toi - Toi, on ne peut que t’appeler « mon » Jacques, car tu transpire l’humanité avec ta gueule de vieux gamin. C’est d’abord en regardant L’honneur d’un capitaine, film de ton pote Schoendoerffer que tu m’as rappelé à ton bon souvenir.  Entre les années 80 et 2000 je n’ai pour ainsi dire pas vécu en France, et tes films sont assez méconnus sous les latitudes où je fûte.  Donc, de te revoir pour moi fut comme si je retrouvais un grand frère égaré dans les méandres historiques. Pis surtout tu étais dans Cinéma Paradisio, alors là chapeau !  Pis tu es aussi un producteur d’enfer, un réalisateur hors pair même les oiseaux dans Le peuple migrateur suivent tes directives, je ne sais pas comment tu t’y  prends, mais tu inspires l’estime, tu rends les choses plus belle, comme disent les vieux hippy, t’es habité bro ! 

Moi, je pense que ma part d’admiration se situe dans la zone éthique, car, c’est flagrant, tu ne lâches rien. Et tu as raison : se battre pour ses idées est la meilleure chose qu’un homme puisse ! 

VIDéo

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Ben voila, l’en reste plus qu’un… Et tu fais pas l’con Jacques de te casser fissa ! On te veut longtemps avec nous ; même si t’as 70 balais.

 

Ces trois mecs m’ont pointé du doigt la ligne à suivre, là où il est propre d’aller. Et même si aujourd’hui j’en chie, car, grande gueule je ne veux caresser « la bête » dans le non-sens du poil, vous m’avez donné ça les gars : ne la boucle jamais, quoiqu’il arrive !

 

Georges Zeter/Mars 2012

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