Et que j’antisémitisme par ici, et que j’antisionisme par-là ces deux idiomes pourraient valoir prochainement peines pécuniaires et prison. Ainsi, le fantasme Caroline Yadan se réaliserait, car le vrai sujet de ce dîner 2026 était bien cette « loi Yadan »,[i] qui devra être votée en avril prochain. Cette proposition appuyée par le très serviable 1er ministre Lecornu, soutenu de loin par son maître Macron. Au moins à ce niveau de la gouvernance, il y a concordance : une loi faisant l'amalgame entre ces deux termes : être antisémite, et être antisioniste : car certaines expressions ou points de vue critiquant Israël ou le sionisme ont été perçues et réinterprétés par des élus pro-Israël comme une forme moderne d’antisémitisme. Le défi juridique est donc de distinguer les deux extrêmes, de la critique politique légitime et de la haine raciale. Cette ligne entre ces deux pôles est souvent ténue et subtile : le droit étant là pour tenter de la définir afin de protéger à la fois la liberté d’expression et la dignité des personnes. Durant ce 40e dîner du CRIF nous avons été fort éloigné de cette ligne subtile, où des discours ronflants plein de certitudes de la part du 1er ministre et du président Arfi de l’association ont asséné leurs « vérités » : oui, la critique d’Israël et le sionisme seraient une forme dissimulée du nouvel antisémitisme[ii] et nous allons y remédier !
Un élément choquant : c’est une instrumentalisation du droit lors d’un événement privé. Presque un Conseil des ministres bis, dont 23 étaient présents pendant cette soirée et surtout, le fait qu’une annonce aussi importante sur l’agenda législatif soit faite dans le cadre d’un dîner d’une organisation particulière ne représentant qu’un pourcentage infime des 600 mille Juifs de la communauté française. Cela ressemble à un entre-soi qui voudrait dicter sa volonté, plutôt qu’en forum parlementaire ouvert. Pour appuyer cette loi, la couverture dans les médias français a largement relayé ce texte avec cependant un débat vif sur la liberté d’expression : certains soutiennent qu’il est nécessaire pour protéger contre les nouvelles formes de haine, d’autres estiment qu’il risque d’embarrasser ou de limiter la critique politique, notamment concernant la politique d’Israël.
La soirée : à tout seigneur tout honneur (déshonneur ?) Sébastien Lecornu qui aborda quatre grands axes de son speech : il a rejeté la qualification de « génocide » à Gaza. Ces arguties dures de la part du gouvernement français depuis presque le début du massacre en 2023. Dans le langage du droit pénal international, il y a un point crucial dans la définition d’un génocide : ce n’est pas seulement la gravité des actes qui compte, mais l’intention spécifique de détruire un groupe. La qualification de génocide est très stricte et ne dépend pas seulement de l’ampleur des massacres ou de la souffrance. C’est pour cette raison que des responsables politiques comme Lecornu refusent de l’utiliser publiquement sans base légale solide. Il y a cependant une majorité d’experts des génocides et du droit international et aussi des organisations internationales et humanitaires, des institutions liées à l'Organisation des Nations unies et de nombreux États, selon laquelle les actions menées par Israël à l'encontre des Palestiniens de la bande de Gaza durant la guerre qui s'y déroule constituent un génocide…[iii] Pour le commun, toutes ces nuances ressemblent plus à un déni qui « oublie » les 70 mille + de victimes civiles de Gaza, mortes et enterrées sous les gravats, d’autant que le massacre continue après le « cessez-le-feu ». Selon le ministre, qui annonce qu’il y a un risque d’effacer la spécificité historique du génocide nazi : « Il existe aujourd'hui une stratégie sémantique. Celle qui consiste à retourner l'accusation. À déposséder les Juifs de leur histoire, les faire passer de victimes à bourreaux. Parler de « génocide » à Gaza pour leur arracher la mémoire de la Shoah. Pour relativiser. Pour inverser. Employer le mot "génocide" n'est pas neutre : c'est une arme politique. »[iv] Remarquons qu’il fait un amalgame (à déposséder les Juifs) entre les Juifs de la diaspora et ceux d’Israël directement concerné par ce qui se passe à Gaza. Cependant, par l’extension de la notion d’antisémitisme à des expressions politiques comme antisionisme et critiques d’Israël, cela pourrait selon ses supporters comporter un risque d’effacer la spécificité historique de l’holocauste nazi… Il a sans surprise réitérée et soutenue publiquement l’appel de la France à la démission de Francesca Albanese[v] de son mandat de rapporteuse spéciale de l’ONU sur les territoires palestiniens. Celle-ci a été accusée faussement d’avoir qualifié Israël « d’ennemi commun de l’humanité ». Pourtant, elle s’est justifiée en précisant qu’elle ne « visait ni un peuple ni une nation, mais des systèmes politiques, économiques et juridiques. » Il a enfin défendu la criminalisation de l’antisionisme.[vi] Il a annoncé la proposition de loi visant à pénaliser l’antisionisme et a clairement lié ce projet à la lutte contre l’antisémitisme en France, sous les applaudissements frénétiques de la salle. Cette loi portée par la députée Caroline Yadan, qui étendra notamment le délit d’apologie du terrorisme et créerait une infraction de négation de l’existence d’un État, en particulier celui de l’État d’Israël. La Justification donnée ? Le Premier ministre a estimé que, selon lui, se déclarer antisioniste revient à contester le droit d’Israël à exister, et que, dans la situation actuelle, cela s’apparente à une forme d’antisémitisme masqué qui mettrait en danger une communauté entière… Communauté entière ? Donc les Juifs français et israéliens qui ne feraient qu’un ? Quant à pénaliser des « intentions masquées » ? Il va falloir aller chercher au fond des crânes des contrevenants…
Pas la peine de revenir sur le discours du « président » Arfi, qui sans surprise a chargé la mule contre LFI, et a plus qu’approuvé les bonnes intentions de Lecornu. Ce 40ᵉ dîner a été, une fois de plus, un événement solennel et parfaitement contrôlé, en omettant encore une fois de regarder la réalité en face. Jamais le nom de Gaza n’a été prononcé, et aucune référence n’a été faite aux massacres et aux destructions qui continuent après le cessez-le-feu. Pas un mot sur l’anti religion musulmane et le racisme anti noirs, comme s’ils ne faisaient pas parti du problème. Pas étonnant ce sentiment généralisé de deux poids, deux mesures… Ces silences ne sont pas anodins : ils transforment ce raout en un rituel convenu de démonstration de force avec ceux invités ou bien ceux laissés à la porte ; Marine le Pen et Bardella en savent quelque chose ; pourtant, ils en font des tonnes, mais restent sur le trottoir... Seuls et quand ça arrange, les Juifs français sont concernés, le tout centré sur la sécurité, comme s’ils vivaient dans un pays où ils risquent de se faire trucider à chaque coin de rue ; il est vrai que distiller la peur et l’angoisse paye. Ne jamais interroger la responsabilité et la tragédie humaine venue d’Israël. D’ailleurs une élue telle Yadan parle plus comme une députée de la Knesset que d’une élue de notre assemblée nationale, et elle n’est pas la seule dans ce rôle-là ; tous ces voyages « d’échanges » tout frais payés par Israël concourent à la « bonne entente ». Les appels à l’unité républicaine et à la vigilance contre la haine en France sonnent creux alors, quand ils ne s’accompagnent d’aucune solidarité ou réflexion sur ce qui se joue dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et au Liban, ni sur les conséquences de la guerre sur les populations civiles, la mort de femmes et d’enfants innocents.
Le CRIF mobilise chaque année l’élite politique et médiatique, mais reste réservé à un cadre franco/français très symbolique. En résumé : des discours accusatoires sans surprise et politiquement limités. Le silence sur Gaza, plane au-dessus d’une assemblée repue qui bien souvent à travers ses déclarations médiatiques méprise ce peuple voisin, aujourd’hui décimé par une armée, où 6 000 jeunes Français binationaux participent au génocide… Oups pardon ! À la guerre du droit de se défendre…
Moralité : si cette loi passe, à ce rythme, critiquer Israël depuis son propre territoire, sera bientôt plus aisé que de le critiquer depuis le sol français… Avez-vous nommé cela, soumission totale ?
Georges ZETER/février 2026
Vidéo : Dîner du Crif : antisionisme criminalisé, génocide à Gaza nié et LFI, CGT, Albanese attaquées
https://www.youtube.com/watch?v=fR9522y4cEY
Chers Français, ce gueuleton nous a coûté à nous, les non-initiés dans les 528 euros par tête, car le prix total est de 900 euros, moins les 66% de défiscalisation. Bon appétit ! Quoi ? Bande d’abrutis !!! (Merci Coluche)
[i]https://x.com/CarolineYADAN/status/2013689872465215490?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E2013689872465215490%7Ctwgr%5E5e5fc71f375dc99aac941ee935efeb973f3eb8bd%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fegaliteetreconciliation.fr%2FArretons-tous-de-critiquer-Israel.html
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