Chaque missile largué… C’est une ligne de commande - qu’il faut réapprovisionner - faire tourner l’usine - livrer - entretenir l’avion et entraîner le pilote - prévoir la reconstruction - soigner les blessés - fournir le matériel médical et les médocs - s’occuper des cadavres - organiser la logistique (nourriture, transport, logement, énergie). Ainsi, pendant que le massacre bat son plein, les multinationales de l’armement planifient déjà le prochain round et voient leur valeur boursière grimper, ce qui réjouît les actionnaires anonymes et désimpliqués. Cette belle mécanique ne souhaite pas que la guerre cesse. Il ne faut surtout pas qu’elle soit d’intensité incontrôlée, mais juste assez dosée pour que la chaîne citée plus haut fasse tourner le système… Car c’est LE système.[i]
La guerre, une vitrine commerciale. Il est estimé que le chiffre total de l'acquisition et l'entretien de l'armement dans le monde se monte à 1,8 trillion de dollars en 2023. Dans ce marché de la mort, les 100 plus grandes entreprises d’armement[ii] ont vendu pour environ 632 milliards de dollars d’armes et de services à caractère militaire en 2023. Le chiffre d’affaires de ces 100 plus grandes entreprises d’armement ne reflète pas pleinement l’ampleur de la demande, et de nombreuses entreprises ont lancé des campagnes de recrutement, ce qui laisse penser qu’elles sont optimistes quant au volume des ventes à venir. Les États-Unis, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne représentent 80 % des exportations mondiales de ce secteur. 30 % pour les États-Unis à eux seuls ; alors prenons ce leader incontesté en exemple : étant donné que le système politique américain est basé sur le « triangle de fer » – les intérêts croisés des sociétés - des représentants du gouvernement - des groupes d’influence, il est peu probable qu’une décision humaniste soit prise en ce qui concerne l’utilisation de la force armée qui permettrait de résoudre les conflits par la diplomatie. Les intérêts du complexe militaro-industriel américain sont clairement plus impérieux que ceux des organisations spécialisées dans les négociations et dans les consultations. La guerre ou pour reprendre la rhétorique officielle, les « opérations militaires à l’étranger » se doit d’être longue, perpétuelle et lucrative pour les nombreux acteurs impliqués.
La guerre et son pendant, la corruption. Le lien, armes et système bancaire. La corruption dépend du secret bancaire au sein du système financier mondial. Les paradis fiscaux, les juridictions opaques, les entreprises telles que les sociétés anonymes et les zones franches (ZF) servent à dissimuler les pots-de-vin, les rétros commissions et à obscurcir le marché des livraisons d'armes. Les efforts de lutte contre la corruption liée au commerce de ce business seront au mieux, entravés, et au pire inutile, car non accompagnés par des réformes en faveur de la transparence financière. Les pays de l’OCDE sont incapables de contrôler ces flux financiers, cependant, ce sont eux qui profitent de cette manne illégale. Sachant que les principaux fabricants d'armes mondiaux sont basés dans les pays avancés économiquement à l'exception de la Russie et, dans une moindre mesure, la Chine. Les acteurs violents se tournent souvent vers l'Occident, ou recherchent des armes occidentales sur les marchés secondaires. Dans ces cas, la corruption place des armes entre les mains de groupes aux intentions violentes, ce qui conduit à des conflits et à leurs conséquences inexorables : mort, insécurité, dévastation économique, flux de réfugiés et instabilité politique prolongée, entre autres. Le nombre sans précédent de guerres civiles actives,[iii] aujourd'hui, exige un niveau tout aussi inédit de distribution d'équipements : les organisations terroristes, les groupes d'insurgés, les gouvernements répressifs et autres acteurs de la guerre qui ont besoin de canons pour mener à bien leurs missions dévastatrices. Autres effets néfastes : la corruption dans le commerce des armes fausse les priorités budgétaires des gouvernements, incitant les politiciens corrompus à détourner les fonds publics de secteurs et services essentiels vers la défense. Avec des fonds plus importants disponibles pour les dépenses de défense, les politiciens ont davantage de possibilités de tirer profit de la corruption liée aux marchés publics. Cette dynamique porte atteinte aux intérêts des pays bénéficiaires, car les contrats les plus rentables et les plus sécuritaires sont abandonnés au profit d'accords improvisés qui impliquent des commissions corrompues pour une poignée d'élites politiques. D’où une grande méfiance avec les 800 milliards du plan « réarmer l’Europe » d’Ursula von der Leyen…[iv]
Pour les Etats, l'enjeu est clairement le maintien de son « monopole de la violence légitime »,[v] qui est de plus en plus concurrencé par des acteurs criminels, des régimes fantoches ou des guerres incontrôlables, si bien, que le marché des armes échappe directement ou indirectement aux états. L’exemple de la guerre en Ukraine avec les envois massifs d’armements par les états de l’OTAN, et la gabegie de détournements de cet arsenal pour alimenter les réseaux criminels et terroristes. Fait que nous vivons sur une poudrière où des fous jouent avec des allumettes !
En conclusion : la vente d’armes… Vente d’âme, ce lapsus va bien, car, faire montre d’ingénierie ayant pour finalité celle de tuer… Perso, ça m’empêcherait de dormir ; alors que ressentent ceux qui « œuvrent » dans ce secteur ? C’est à se demander ? Si vous en connaissez posé leur la question « ça ne te dérange pas de vivre d’un secteur qui n’a pour seul but que de propager la mort ? »
Georges ZETER/aout 2025
Vidéo : Le business caché derrière la guerre
https://www.youtube.com/watch?v=sROaLqOYUWY
Très intéressant article : Business et commerce de l’insécurité une authenticité fractionné : le marché informel des armes ?
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[iii] https://gfintegrity.org/corruption-in-the-global-arms-trade-an-overview/#:~:text=The%20global%20arms%20trade%20is%20worth%20an%20annual%20US%24204,a%20government)%20as%20the%20buyer.
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