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Georges L. ZETER

Georges L. ZETER

Ici tout va bien, exceptée la réalité - Here? Everything goes well, except reality.


Si ce n’est pas des Nouilles, c’est de la Pasta !

Publié par Georges Zeter sur 28 Mars 2012, 13:01pm

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Soyons léger un instant durant ce rush de temps d’élections…

 

Je vais vous raconter les Nouilles, et pourquoi les pâtes ?  Parce que je les adore toutes et aie mené ma petite enquête sur un produit de consommation courante qui remonterait aux environs de l’an 900…

 

Cassons d’abord une rumeur bien installée : ce n’est pas Marco Polo qui à ramené avec lui les nouilles d’Asie. Dans un traité de médecine écrit 80 ans avant les voyages de Polo à la cour du Khan, un médecin prescrivait à un patient de s’abstenir de manger la pasta pendant un certain temps. Toutefois Marco Polo mentionne en détails dans son « Livre des Merveilles » la fabrication des nouilles à Kachgar ville de la Région autonome Ouïgoure du Xinjiang.

 

L’origine des pâtes en Italie viendrait de Sicile, plus gros dévoreur de spaghettis de la planète par habitant. Au 11ème et 12ème siècle elles étaient appelées Itria. Elles furent introduites au temps de l’invasion Arabe du 11ème siècle. Alors comment les Arabes connaissaient-ils ce met sous sa forme actuel il y a presque 1000 ans ? Pour 3 raisons :

 

- Les Arabes ne récoltaient que du blé dur, le blé tendre poussant principalement dans l’hémisphère nord.

- Avoir avec eux des pates sèches permettait de se nourrir et de transporter cet aliment sur de longues distances et pour de longues durées.

- Les Arabes commerçaient avec l’extrême Orient bien avant les Européens.

 

En fait, il y eut une route de la Nouille : qui partait de l’ancienne ville impériale de Kaifeng en Chine, en passant par l’Iran, puis le Maghreb (la Tunisie surtout), puis en Sicile et enfin en l’Italie.

 

 On suppose que tout commença dans la ville de Kaifeng[1] ancienne capitale impériale sous la dynastie des Song du nord (960-1127).  Dû à son développement rapide, cette cité d’un demi million d’habitants (à la même époque Paris ne comptait que cent milles habitants), vit son secteur alimentation exploser, et c’est là, où pour la première fois fut ouvert des échoppes vendant des plats cuisinés, avec des menus écrits et des serveurs posant les bols devant les clients ; des restaurants nommés Bulchas ; cette mode n’arrivera en Occident que 500 ans plus tard. Il y avait aussi des services de livraison à domicile… Comme le resto chinois au coin de votre rue, mais avec 1000 ans d’avance. Le plat le plus populaire et on le sait avec certitude était : la soupe aux nouilles et à l’agneau.  Dans un livre de cuisine de l’an 1107, y est décrit plus de 30 plats de nouille.

 

Cette ville était à sa période faste à la croisée de tous les mondes, s’y côtoyaient tous les peuples d’Asie ainsi que des marchants arabes venus par le désert au dos de leurs caravanes. Ces commerçants permettaient le transit des marchandises d’Est en Ouest.

 

C’est les chinois qui inventèrent les nouilles sans aucun doute possible, faites de farine de riz, mais de consistance molle, dès quelles étaient fabriquées elles devaient être consommées. De par leurs habitudes alimentaires les caravaniers arabes furent très certainement les inventeurs de la pâte sèche, la nouille que nous consommons encore aujourd’hui. L’aliment de base pour les chameliers était la farine de blé pour le pain et les fruits secs, dattes, figues et autres, donc, rien de surprenant qu’ils aient séchés les nouilles pour pouvoir les transporter et les conserver.

 

Mais pourquoi les nouilles consommées de nos jours sont elles de courte taille dans les pays arabes ? Tout simplement parce que dans cette partie du monde on y mange avec les doigts, et que bien sûr des pâtes longues ne seraient pas pratiques à attraper, elles ont donc tout naturellement disparues des menus.

 

Dans l’Iran de ce siècle est consommé en dessert des nouilles sous forme de petits vermicelles appelés Faloudeh et aussi « glace Iraniennes » qui consiste à servir ces nouilles glacées accompagnées de jus de citron ou d’eau de rose. En Iran encore on déguste l’AchRechte, une sorte de soupe aux nouilles très petites et mélangées à des légumineuses.

 

En Tunisie l’un des plats favoris de ses habitants est : Les Nwasser, des nouilles pas plus longues qu’un seul centimètre et fabriquées à la main et séchées au soleil.

 

Le couscous est en soi un plat de nouilles de blé dur, en grain…

 

Et pourquoi sous nos latitudes les nouilles restent elles longues me direz-vous ? Tout simplement grâce à l’invention Italienne de la Fourchette.

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Il ne reste plus aujourd’hui que les deux extrêmes du globe ; les Asiatiques et les Occidentaux pour avoir fait des nouilles un produit de consommation courant. Chez les Italiens cela touche presque au grand art, avec plus de 300 différentes formes de pasta.  Des livres entiers ont été écrits, des émissions culinaires ont été tournées, sans jamais relâcher l’intérêt pour ce met, incontournable pour les sportifs, gustatif et fin pour les gourmets, amusant pour les enfants, surtout les spaghettis de 40 cm de long où on peut s’en mettre partout.

 

Il y a deux manières entre les deux continents de percevoir et de consommer les nouilles.

 

Chez nous, elles sont de blé dur, et lorsque nous les mangeons d’un tour de main précis nous faisons deux tours avec la fourchette planté dans l’assiette et portons à notre bouche une petite boule de pate accompagnée de sauce.

 

Chez les asiatiques, est consommé essentiellement des pates à base de farine de riz, et lorsqu’ils mangent leurs pâtes, souvent en soupe dans un bol, il est poli de faire le plus de bruit possible avec la bouche en aspirant les nouilles, avec le bol collé sous la lèvre inférieure et les baguettes qui poussent, qui poussent tout ça… Exactement ce qu’il est impoli de faire chez nous…Alors ça fait des grands Chloup! et ça fait des grands chloup… Bouffer la soupe froide… Avec ces gens Monsieur on’ rit pas Monsieur,

On n’cause pas Monsieur,

On n’cause pas…

On compte !

 

Georges Zeter/Mars 2012

 


[1] Kaifeng est connue pour abriter l'une des dernières communautés juives de Chine : les fameux Juifs de Kaifeng. Un assez grand pourcentage de la population est de confession musulmane.

 

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