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Georges L. ZETER

Georges L. ZETER

Ici tout va bien, exceptée la réalité - Here? Everything goes well, except reality.


Nos Vieux Pays… Nos Jeunes-Vieux

Publié par Georges L. Zeter sur 22 Août 2013, 17:07pm

Catégories : #Un Con-Pétant!

Nos-Vieux-Pays-.jpg

 

La vieillesse ce n’est pas seulement dans la voix et dans le geste, c’est aussi une manière de penser, d’agir…

 

Quels différences et chocs culturels mon arrivée à Milan ; moi qui me suis baguenaudé entre l’Albanie, le Kossovo, la Serbie, le Monténégro, la Bosnie Herzégovine et la Croatie (ouf !)  Retour case presque départ, là où on ne parle pas un mot d’anglais ; là où le service est minimum pour un prix maximum, les petits déjeuners servis au compte goute, le sourire rare, l’Internet qui fonctionne par intermittences, et la TV seulement en langue nationale… C’est surprenant Milan, on se croirait à Nantes, Bordeaux ; proprette, pimpante avec ce, je ne sais quoi d’un peu triste, éteint. En plein mois d’aout, la ville semble endormie, comme à Paris, les 2 tiers des magasins sont fermés causes vacances d’été, et le soir dès 20 heures les terrasses sont désertes, les rues abandonnées ; seuls quelques vagues touristes comme je, déambulent dans un décor de musé vide. Je me croirais en France si les quelques locaux entraperçus ne parlaient l’italien. A l’intérieur des maisons, la TV entonne ses programmes du fond des âges, chacun agglutiné, plus de vie, juste des sons… Des Berlusconneries. Putain que c’est triste une ville qui a perdue ses âmes !

 

 

 

Vous me direz ouais Milaaaano, la Scala, une des capitales de la mode et tutti… Avec Monza à coté, Ferrari, Lamborghini et cannellonis tresse fromagies. Mais encore une fois c’est comme Paris et ses défilés haute couture, Delanoë et sa plage, les palaces 5 étoiles, et les services VIP putes de luxe pour footeux en goguette. On ne parle là que de 0,0 % de la population ; le peuple, nous vous, moua, aimez vous les uns les autres sommes devenus où, where, dondé ? Glissés sous le tapis, scotché devant la télèche ?

 

 

 

Que notre vieux monde est triste, habité par des gens mornes, qui se terrent dans des certitudes devenues de plus en plus floues.  Floutées.

 

 

 

Ces quelques semaines dans les Balkans sont je dois dire un bain de jouvence.  Que ce soit dans une Albanie en pleine construction, où, même dans le dernier bled au bout de la piste de terre, les gens, surtout les femmes et les jeunes essayent avec une belle volonté de communiquer en anglais, afin de savoir d’où je viens, car le « F » sur ma plaque numérologique ne rime pas avec France mais pour eux avec Finlande…  Et oui, un Albanais moyen ne connait que pouic de la grandeur de notre beau pays éternel et tout ça…  Et ils me parlaient, tant et si bien que cela m’a fait apprendre une trentaine de mots usuels dans leur jargon.  Y’a rien de mieux d’arriver quelque part et de se sentir désiré sincèrement. Partout dans ce beau pays, j’ai rencontré des gens vrais. Et dans chaque hôtel, à 20/30 euros la nuit, j’ai pu utiliser Internet dans ma chambre, un réfrigérateur pour y entreposer mon éventuelle bouffe, et au petit déjeuner me régaler d’un tas de choses aussi délicieuses les unes que les autres, sans parler du personnel de réception qui toujours parle l’anglais… Puis, passage au Kossovo où idem, chacun veut construire le pays et y met de la bonne volonté. Je ne suis qu’allé que dans le sud de la Serbie, le bled de Kusturica là où il a tourné « La vie est un miracle » , tout était lustré afin que le touriste soit le bienvenu. Quant au Monténégro, pour ceux qui aiment la Suisse, sans ses règlements strictes, ses francs suisses et ses vaches à cloche et bien, allez y. C’est montagneux, vert-vert, avec un parc hôtelier de 1er choix et toujours à des prix imbattables. Je recommande l’hôtel Keto à l’entrée de Podgorica.  Le patron est un artiste peintre de talent, et les réceptionnistes adorables, l’hôtel est tip top, le resto très bon, et tout ça pour 39 euros la nuit avec buffet inclus le matin à tomber par terre. Il y a aussi les petits chalets loués 37 euros la nuit à Zabljak, c’est à 2.000 mètres d’altitude, c’est beau, vierge et tout et tout !!! Sarajevo est LA VILLE de cette région du monde à découvrir. C’est l’énergie de New York version tension Balkanique. Le seul inconvénient est de ne surtout pas conduire sa bagnole, sont des vrais sauvages au volant, d’autant que les trams sont tellement sympas. Même La Bosnie Herzégovine, pourtant on y voit encore très présent les stigmates de la guerre. Et là aussi cette volonté de sortir le pays de l’ornière. Y’a un grand truc en Bosnie, c’est que la vitesse presque partout est limitée à 60 km heure ; c’est infernal de conduire à cette allure sur des bonnes routes. Par 2 fois j’ai failli aller au fossé, en m’endormant.  354 km en 7 heures…

 

Une seule nuit en Croatie, dans un minuscule bled « Delnice ». Un hôtel isolé dans la foret, un chef cuistot adorable, qui sert des cèpes d’enfer, une jeune femme parlant un anglais parfait, un accueil chaleureux. J’ai même eu le sentiment fuguasse lors de mon départ qu’ils étaient triste de me voir les quitter… 6 heures de route et Milan…

 

 

 

Pourtant dieu sait combien j’aime l’Italie. Mais apparemment pas celle là du nord-nord. Trop clean, trop organisée, trop fermée sur elle-même et ses et ces certitudes… Comme en France quoi. Des gens vieux qui détiennent le pouvoir, l’argent. Dans mon hôtel, pourtant avec des chambres géniales, et bien personne ne parle un mot d’anglais. Ne parlons pas d’Internet, c’est dans le salon de réception et en prime sur le mur une copie d’un plan du 19 ème siècle de la ville….  Ca aide beaucoup le touriste lambda qui ne reste que 3 jours et devrait apprendre à parler Italien en ce lapse de temps et à se diriger par lui-même… Ce qui se passe dans le « contact » du touriste que ce soit en Italie du nord et en France c’est que les propriétaires ou gérants des hôtels sont des personnes en général pas toutes jeunes-jeunes ; donc, pour eux c’est « zont qu’à parler l’français ces cons (ou italien). L’Internet, moi, j’en ai pas besoin, rien à battre ! etc. En comparaison, ces mêmes propriétaires ou gérants des pays des Balkans sont + dans la trentaine, ou début quarantaine et connaissent mieux ce qu’attendent leurs clients venus du monde entier. La volonté de bien faire, l’apprentissage des langues et la curiosité en prime font que ces quelques pays réussissent très bien là, où nos vieux pays se sont endormis sur leurs lauriers, éclos dans les années 70 où, avoir une salle de bain et une TV dans une chambre d’hôtel était le top de la modernité… Le temps passe, les gens se lassent, s’encroutent… Alors, d’autres pays, appelés « émergeants », ou « nouvelles démocraties » vont prendre le relais et nous enterrer. Ca me rappelle mon 1er voyage en Espagne en 1977… Je suis resté dans la ville de Caspe 15 jours, c’était incroyable la soif de rencontre que m’a témoignée la population locale… Et Prague en mai 1991, les frontières venaient juste de s’ouvrir, y’avait un vent de folie, de liberté qui parcourait la ville. Seulement 3 hôtels pour recevoir les touristes. J’ai été hébergé dans une caserne pendant 15 jours… Je me rappelle le jour de mon départ de la ville de Kafka, le 1er magasin Benetton ouvrait…  Moscou 1992… L’ouverture…  A croire que quelques décennies de dictature rendent les masses plus aptes à vouloir découvrir les autres… Puis, l’économie de marché arrive, puis, les droits, peu de devoir, pis, les années ont passées, pis, tous vioques-cons direction le cimetière des éléphants.

 

 

Il y a deux choses à la fin de ces vacances qui m’interpellent.

1) Lorsque j’ai dit à une réceptionniste âgée de 25 ans à Tirana que presque tous les français recevaient pendant au moins 7 ans des cours d’anglais et ce 4 heures par semaine durant leur scolarité ; ben, elle n’en est pas revenue aux vues des citoyens de ce pays se présentant à l’hôtel sans parler autre chose que le français… Car avec les Italiens, mes chers compatriotes refusent obstinément de s’exprimer en autre chose que leur langue…Ce qui pour les peuples balkaniques est une vraie source d’étonnement sans fond.

 

2) Et ça rejoint le 1), les élèves en général, en anglais sont peu motiver pour apprendre, (coefficient 1 ou 2) alors qu’il est important qu’ils comprennent qu’ils sont les « citoyens du monde », et que cela n’est plus une question de choix, mais plutôt de simple survie. Je remarque que beaucoup d’entre eux ont déjà les reflexes de leurs ainés : garder le silence ou apostropher en français les non-francophones, alors que cette langue malheureusement est de moins en moins apprise à travers le globe, s’entêter dans des raisonnements franco-français qui donnent souvent une impression assez désagréable d’arrogance, s’intéresser très peu à ce qui se passe alentours, voyager seulement de manière hexagonale, ne pas avoir l’ambition de connaitre comment le monde tournicote, et surtout, surtout, si possible d’avoir à peu près idéalement la même vie, la même planque que leurs parents… En ayant enseigné en Inde, Thaïlande, Madagascar et autres, en comparaison, je me rends compte que nos enfants sont très peu préparer à la mondialisation telle qu’elle est et devient. Que l’on aime ce mode de vie, cette civilisation n’est pas la question, c’est une réalité vraiment tangible à laquelle on ne peut rien changer, à moins de déménager sur Mars.  L’anglais est universel, alors soyons pragmatique et s’entêter à ne pas le parler c’est se couper du reste du monde, se replier, repousser ce qui est différent, se sentir « menacer » par ces hordes Angloises, et tel le petit village Gaulois qui se terre sur lui même…

 

En fait, pour un jeune, ce refus c’est être vioque avant l’heure.  Nous avons donc des jeunes vieux, dans un pays vieux ; un musée ouvert à tous les vents… Ignorance illimitée incluse.

 

 

 

Qu’il est bon de séjourner dans des pays où chaque personne rencontrée à la volonté de rendre son destin meilleur ; et à la force du vouloir, du travail, d’initiatives, de curiosité, d’adaptation et de souplesse… Faire que la société dans laquelle vit cet individu soit enfin vivable, prospère. Comme l’avait dit le président John Kennedy le jour de son intronisation il y a bien longtemps :  « Ce n’est pas ce que ton pays peut te donner, mais c’est toi, ce que tu peux donner à ton pays ! »

 

 

Georges Zeter/Milan Aout 2013

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