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Georges L. ZETER

Georges L. ZETER

Ici tout va bien, exceptée la réalité - Here? Everything goes well, except reality.


Chez l’Emir, y’a un cabot qui parle

Publié par Georges L. Zeter sur 18 Août 2013, 19:04pm

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Sur le bord de la route y’a un cabot qu’est venu presque m’pisser d’ssus. Il tourne autour d’mes pompes et me renifle, puis me balance un regard du style : « t’aurais pas un os par hasard ? » Et moi bon jobard j’lui réponds à voix haute que non ! pas d’os, mais reviens demain ducon ! Putain j’parle à un clébard ! Ca doit être le fait que je vis seul depuis 4 ans et qu’aucune femelle ne vient troubler mes pensées abstraites ou me faire des gâteries impromptuteuses ou… L’effet Kusturica. J’suis sur les terres de l’Emir et passé les frontières Serbo-Bosnio ben… T’es chez lui le grand foufou-teufteuf qui fait jouer les fanfares comme des iodes basse tension. J’suis en plein Underground… Peau d’balle, j’suis larguasse. Où est ce foutu bled, Mokpa Ropa… Mokra Gora, Bora Bora ? Celui où est garée la locomotive de « La vie est un miracle » Ce cornard me dit : t’aurais dû tourner à gauche ! De quoi j’me mêle sac à puces ? T’es qui toua ? Et que j’te plante le clébard causeur là.
 
J’visite les Balkans depuis quelques semaines à bord et à tribord d’une Citroën ZX construite en 1991 ; ouais, c’est pas un Stuka, mais en piqué ça rafale impec sur les routes tortueuses de cette belle Bosnie, Serbie, Monténégro et Albanie ni-ni.
J’arrive de Višegrad. 
 
Enfin, à gauche comme l’avais indiqué l’autre corniaud j’entre sur le parking de Kustendorf, alias Mokpa Ropa. L’Emir a choisi un nom allemand ; allez savoir pourquoi, mais c’est vrai qu’un mec qui tourne Chat noir, Chat blanc doit surement avoir des engrenages déglingués dans l’occiput ou au moins la réserve à charbon chauffée à boulets rouges. 
 
C’est un peu ville fantôme en ce mois d’Aout. Y’a deux trois Serbo, polono-Athéniens qui se battent en duel et moua qui prend foto-foto, faux taux. La locomotive est bien là, y’a encore deux bouquets coincés sur l’avant, les rails, les wagons, le buffet, le chef de gare cocu, le train-train quoi. Je, voir l’hôtel qui m’a l’air rutilent propret et tout. Une blonde sculpturale, callipyge avec des seins jusqu’à là qu’on se croirait dans SAS, Malko & berzingue. Elle me susurre un souriant « GLVJRDTYH » (c’est le jargon que seul les natifs peuvent piger) j’lui répond en English et là, ben j’suis tout retourné. Dans mes tréfonds font-fond des Mario-nets ! Elle bas des cils et le redit avec un accent à couper au couteau à désossé… J’vais pas vous recréer le dialogue, mais, qu’elle est tentante la jolie blonde/rousse et tous les saints du bâtiment du haut de ses 180 centimètres, des presques Carpates et à quart pattes. Tout frustré de n’avoir jamais lutiné une de celle créature, je bredouille tronche béta et vais me baguenauder ailleurs de ci de là dans les collines avoisinantes, l’âme à Berne, la gaule à G’nève. Et j’y retrouve des bouts de décors des films de l’Emir. Une locomotive, un camion jaune citerne ou jaune citron, un wagon prêt pour tout embarquement, des baraques en bois d’impossible, bref, regardez le diaporama et bouclez là !
 
 
  vous devez demarrer le son par vous meme... 
Retour vers Višegrad. Vous me direz c’est quoi ce « VISEGRAD » ? Ben c’est la que prend racine l’histoire du bouquin du Pont sur la Drina, écrit par le seul prix Nobel en langue Serbe, Ivo Andric. Et l’Kusturica, lui a pris une frénésie de dingueries tsoin-tsoin de construire une sorte de monde « parfait » ou, comme y’a longtemps, les religions cohabitaient ensemble sans se crêper le chichon. Ca se nomme : Kamengrad ou la cité de pierres.  Elle est presque terminée la citée en cailloux, et je dois dire que c’est une réussite. C’est majestueux, on dirait presque un studio de cinéma avec des décors construits pour durer. J’ai touché les murs pour être bien certain que les murailles sont en dur, et elles le sont.  1 bémol : Y’a personne qui parle une autre langue que le Serbe, alors lorsqu’on a la volonté d’être un site touristique… De + vers 20 heures j’ai voulu diner dans le restaurant à gauche quand on entre « La Kasbah » et ben, sur une liste de 30 plats, il ne restait que du foie et des boulettes de viandes hachées. D’accord, « ils » apprennent et n’est pas Michey-Disney et ses potes qui veut.  Je suis allé à l’hôtel au bout de la ville « Hôtel Višegrad », ma chambre donnait sur le fameux pont, vue à couper le soufflé aux 3 fromages. La chose à éviter c’est le restaurant de l’hôtel. Zont dus recruter les serveurs dans des anciennes unités de para déchues. Sont d’un désagréable pas possible ; donc, aller en face ils sont cool, serviable, humains. En parlant avec une des réceptionnistes, j’ai appris qu’elle travaillait 12 heures par jour, 6 jours par semaine… Et en plus, c’est une jeune femme hyper gentille, souriante tout le temps en prime.   
Une chose que nous devrions copier. Il y a un panneau qui interdit la circulation dans la rue principale de 19 à 24 heures.  Dans tous les pays des Balkans, le soir tous les habitants sans exceptions même les mourants sortent se promener au milieu de l’artère principal du village devenu piétonnier ; se rencontrer, draguer et discuter tout en flânant à la fraiche. Ca évite de s’abrutir devant la téloche, et de fermer les volets dès la tombée du jour… Suivez mon regard… France qualité de vie !
 
Les grincheux franchouiles écrivassent
Je relis ce titre dans la presse française : « Andricgrad, folie aux relents nationalistes signée Emir Kusturica »
Le Monde.fr - 11.07.2012
 
C’est « écrit «  par une débutante de 22 ans, Camille Bordenet, Journaliste stagiaire à Vanity Fair sous l’auguste supervision de Mossieur lèche bottes numéro 2 après Michel Drucker, la sémillante mère Michel Denisot… Voilà ce qu’on t’envoi dans les pattes mon Emir, de la savonnette Rexona pour déboucher les lavabos, de l’ignorance à bas cout, du papotin à 2 balles !
Mais oui, l’Kusturica est même responsable de toutes les guerres des Balkans et des conneries de la queue de la comète d’Halley. Faut dire qu’il y avait un précédent hilarant. Le BHL pointant son nez pendant le siège de Sarajevo, et qui en 15 minutes avait tout compris et t’expliquait comment procéder, t’en rigole encore de cette tronche de cakos !
J’suis d’accord avec toi, les Parisiens qui mènent la France sont des gros bouffis bouffons boursouflés de l’égo. Savent rien, mais faut qu’il l’ouvre pour débiter des conneries grosses comme le porte avions Charly deux gaules, Charly 3 gaules.
 
La Bosnie Herzégovine est peuplée de maisons éventrées, de traces de balles et de balafres partout visibles, de restes d’immeubles et de cimetières. Des pierres tombales de chaque religions poussent, poussent vers un ciel enfin délivré enfin de son plomb. Sarajevo est un gruyère dont on a bouché plus ou moins les trous.  J’aime ces pays et j’aime prendre des photos, mais, je n’ai pris aucun cliché de ces miasmes sanglants, je ne suis pas un voyeurs, je ne suis pas un de ceux qui viennent respirer la mort à bon compte, j’ai pris les photos de la reconstruction, des maisons neuves. Ce qui me plait ici, sur ces belles terres, c’est la volonté de chacun d’oublier, d’aller de l’avant, de vivre ensemble, peut être encore pour 20 ou 50 ans… Puis ça recommencera peut être? Comme me la dit une belle. Alors, de grâce, lorsque vous viendrez ici, ne parlez pas de la guerre, ne posez pas de questions sanguinolentes, mais parlez de demain.
 
En quittant Višegrad, et dépassant la Drina…
… et chaque fois je quitte
et meurs d’une mort petite…
Merci à toi l'Emir…
Qui entrechoque,
Aux ras des rocks
Les chevaux rares
Qui se bastillent…
… Un petit chien de fer m’a rit juste sous le nez. Du moins, me semble-t-il ?
   
Je suis venu ici « chez toi » l’ami, Emir, mon quelque part cher frère et ouais, je crois avoir comme toi… La mémoire des étoiles… 
 
Georges Zeter/Sarajevo - Aout 2013

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