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Georges L. ZETER

Georges L. ZETER

Ici tout va bien, exceptée la réalité - Here? Everything goes well, except reality.


- France : « Art de vivre » et « mal de vivre »

Publié par GéZé sur 6 Octobre 2009, 03:19am

Catégories : #Un Con-Pétant!

Les français sont malheureusement Premiers ! De tous les pays occidentaux la France arrive en première place en ce qui concerne le suicide.


Selon l’organisation mondiale de la santé il y a 26,4 suicides masculins pour 100.000 habitants et 9,2 pour les femmes en France.
[1] Ce qui démonterait que nos compagnes sont trois fois plus « stable » dans leur tête… Les Etats-Unis avec 17,7 pour les hommes et 4,5 pour les femmes arrive bien loin. ... Malheureusement le Japon reste le grand « gagnant » de la fin de vie « volontaire ».

Dans un article du New York Times daté du 29 septembre, les auteurs David Jolly et Matthew Saltmarch[2] se pose cette question ?

- (...) Pourquoi un pays malgré un système de prise en charge social efficace, des employés en CDI pour ainsi dire invirables, 35 heures par semaine, 5 semaines de congés payés, des jours fériés en pagaille, des arrêts maladie facilement obtenus ; pourquoi donc se suicide t-ont autant au pays des escargots, du steak frite et du camembert ? (...)   

Les journalistes citent Marie-France Hirigoyen, psychiatre depuis 35 ans, spécialiste dans le secteur des relations professionnelles.

- (...) Quand j’ai débuté mes patients parlaient de leur vie personnelle. Depuis un certain temps, ces mêmes patients parlent de leur travail.  Les gens souffrent malgré leurs droits et avantages, ce qui construit une incompréhension entre le management et eux ; pourtant ils soufrent bien (...)

Pour preuve, le Docteur Hirigoyen donne trois exemples extrêmes : un homme qui se poignarde façon « hara kiri » pendant une réunion de travail, heureusement il a survécu ; une autre fois une femme qui se jette du 5ème étage de son bureau ; et lundi dernier, un autre employé de 51 ans  qui se jette d’un pont sur l’autoroute.

 

Le stress est devenu le “sport national” nous dit Michel Marchet de la CGT, « nous avons besoin que les employeurs modifient la manière dont le travail est organisé, mais nous n’avons pas l’impression qu’ils vont changer l’état des choses rapidement »[3]

 

Les experts en psychiatrie sont toujours très prudent lorsque l’on parle suicide; comment attribuer une cause rationnelle à un acte irrationnel que personne ne peut comprendre ; un acte qui pousse une personne à mettre fin à ses jours malgré en apparence une vie stable, familiale et vue du dehors heureuse.

Ce qui a attiré l’attention du public, et ensuite du gouvernement c’est le nombre de suicides ayant eues pour causes les conditions et particulièrement les relations au travail. D’autant qu’il faut arrêter cette chimère de penser que les français travaillent 35 heures hebdomadaire : selon le bureau du travail de l’Europe, les français ont travaillés en moyenne 41 heures par semaine, ce qui place le pays en 13ème position sur 27, le 1er étant l’Autriche avec 44 heures.[4] 

 

Tout est bien orchestré pour « casser » l’employé : Sans trop se tordre le crâne nous pourrions voir par le battage médiatique de la Droite qui nous assomme de ses “avec les 35 heures, le pays est au bord du gouffre” une stratégie de l’écrasement - Combien de fois notre « cher » président nous a fait comprendre que nous étions une bande de faignants, de bons à rien qui « profitent » du système, peut-on appeler ce genre de diatribe – « dommages collatéraux d’un discours présidentiel qui fait passer ses électeurs pour des parasites » – Ce serait à creuser, car, seulement en regardant mes semaines : je suis plus dans les 50 heures que ces 35 heures de tireur au flanc repus... Nicolas Sarkozy pense un peu à ce que tu dis, toi, qui te prends des Week end de 4 jours, des voyages au frais de moi, des invitations « gratuites » avec tes potes, les patrons et les nervis à la solde qui, eux sont directement à l’origine de tout ce bordel !

 

Le « monde du travail », un système centrifuge...

Dans une société en verticale tournant en rond comme une centrifugeuse - essoreuse, avec des GRANDS chefs et plus on descend plus y’a des p’tits chefaillons. Qui ? Sain de corps et d’esprit peut se réaliser ?

Prenons un exemple au hasard : Si Carlos Ghosn, un vrai GRAND chef lui, décidait d’emmener en villégiature les cadres méritants, les non méritants restent au bureau sous les moqueries des « collègues » en se posant la question « pourquoi n’en suis-je pas ? »

Bref, si le Carlos emmenait sa troupe à Johannesburg par exemple, pour un séminaire sur « Renault et son implantation africaine : risques et spécificités ».  Pendant quatre jours dans un palace 5 étoiles les « hommes » (y’a pas de femmes dans ce genre de balade), iraient  vaguement entendre quelques mecs déblatérer sur le « potentiel marché », mais c’est surtout le soir que tout se passerait. Un super restau avec champagne grands crus à volonté, puis sortie en club privé, avec jolies Mesdemoiselles à la clef... Ca crée des liens la bouffe et le cul, ca renforce l’esprit de caste, ça gonfle le moral, ça vous fait savoir que « vous êtes dans les petits papiers du boss », qui lui n’a pas pris une goute d’alcool, quant à la gentille hôtesse, il se l’a joue discret et on ne saura rien ; bref, vous êtes maintenant membre de la meute des loups.

Dès le retour au bercail, vous serrez la vis à tous ces bons à rien bossant 35 heures (et encore ?), vous écrasez la moindre remarque, vous nommez des sous chefs, vous divisez pour mieux régner... Jusqu’au... Clash!  Vla ti pas que Madame Bertrand vient de se défenestrer.

On pourra toujours dire que cette employée était dépressive, que sa vie privée était un naufrage que… Dans une société qui privilégie une structure en verticale il n’y a pas de dialogue, il n’y a pas de prise en compte de l’individu, il n’y a pas de reconnaissance adressée à la personne, il n’y a pas !

Critiquer est facile : Je propose donc une société en horizontal, où chacun pourrait avoir son mot ; cela est tenté dans de pas assez nombreuses sociétés, et ça marche ; les employés retrouvent avec joie le chemin du bureau, mais…  Comment assouvir leurs besoins de control,  et de domination pour les mâles dominants ?

 

« Le monde du travail », est une aberration en soi, chacun travaille pour UNE société publique ou privée, une entité, mais cette même société unique veut rendre ses individualités semblables, interchangeables.  C’est là où ça renaude, chaque Homme, chaque Femme est par essence UNIQUE, alors vouloir à tout prix les faire entrer dans un moule non-conforme à leur aspirations, à leurs désirs profonds revient à faire tourner la centrifugeuse en cycles carrés.  Nous vivons sur la planète carrée dans ce « monde du travail »

Pourquoi les psychiatres se posent-ils tant de questions, quand l’évidence est sous leurs yeux.  Le monde occidental, n’a pas bougé d’un iota depuis Charlemagne (et je suis optimiste), nous sommes encore dans la logique « des chefs », des « chefs guerriers », ceux qui mènent la meute, et c’est connu, lorsqu’un loup ne suit pas le mâle dominant, et ben ; Il dégage et crève tout seul.  Je ne connais pas de cas de suicide chez les loups, mais pour nous pauvres bipèdes c’est l’hécatombe.   

Il en va de même pour l’espace de travail que nous occupons.  Avant, y’avait les bureaux, chacun personnalisait son espace, chacun y amenait la photo encadrée du petit dernier, on y mettait des fleurs ou des trucs bien perso... Aujourd’hui OPEN SPACE, grosse connerie venue d’outre Atlantique, là, on peut mater, fliquer et en plus ça coute moins cher.  L’entreprise a déshumanisée ce qui est bien venu chez nous les humains : le territoire, la protection du terrain chèrement gagné. D’ailleurs il est toujours intéressant de voir lorsque une camera entre chez un Ghosn, 500 mètres carrés, bureau en acajou.  Si on descendait un étage en dessous, là où les employés se balancent par la fenêtre, c’est Bérézina morne plaine.  Les soutiers doivent souquer, et ferme en plus en la bouclant, pas étonnant que nombres d’entre eux d’abord tournent aux antis dépresseurs, puis... Le grand saut.

 

Résultats :

A France Télécom on se suicide, chez Renault et ailleurs aussi... Pourquoi ?

Ayant pas mal voyagé, ayant vu les pêcheurs d’Assini en Cote d’Ivoire, les paysans des rizières de l’Issan en Thaïlande, les vaqueros du sud Vénézuélien, les maraichers de mon ile de la Réunion, je n’ai pas eu l’impression que tous ces gens étaient portés au suicide, qu’ils travaillaient, bien souvent survivaient, mais rythmes et saisons aidant, la vie coulait, les enfants grandissaient, les vieux se réchauffaient au soleil... Chacun ayant sa fonction, son mot à dire, même les mômes.

Alors, au lieu d’épiloguer, de payer des fortunes en « études » confirmant une évidence : à savoir : « le monde de l’entreprise », devrait être là seulement en « valeur » secondaire, être là pour faire bouillir la marmite, point !  Au lieu de cela nous avons pris la mauvaise direction, celle d’un monde de « gagnants » de « perdants », malheureusement, tous sommes perdants, car comment avancer sur une planète carrée ?  Oui, peut être le suicide est une solution, la dernière comme signe d’avertissement à des politique aussi, qui veulent à toute force transformer notre société civile en société anonyme ; le capital n’est pas de 63 millions d’Euro, mais de 63 millions d’individus : unique en leur spécificité.

 

Entendre un Sarkozy fustiger les « assistés » à vie, les « chômeurs qui se prélassent », les RMIstes tireurs au flanc, « travailler + pour gagner + », les chiffres français du commerce extérieur comparés à d’autres pays où on bosse vraiment bien... En remet une couche à la pression exercée par le « monde du travail » ; de plus en plus, nous avons l’impression d’être au boulot, même si entre deux « évaluations par le chef de service » vous êtes parti en congés chez mémé. « La boite » ne vous lâche plus, vous téléphone n’importe quand, vous traque jusqu’aux derniers recoins... Alors, un jour vous-vous dites. Ras le bol et Ciao !

 

Georges Zeter - Le Père Siffleur - GéZé/10/09/ - Les Ediles c’est comme les Idoles, ça va ca vient...

(Confucius et moi) - 

 


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