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Georges L. ZETER

Georges L. ZETER

Ici tout va bien, exceptée la réalité - Here? Everything goes well, except reality.


Nos vies: "Cette Citadelle Domestique"

Publié par Georges L. Zeter sur 17 Avril 2015, 17:54pm

Catégories : #xx

Nos vies: "Cette Citadelle Domestique"

Investir dans la pierre, c'est logiquement acheter des pierres? Pas des briques ou des parpaings. Et acheter une maison en pierre est seulement le luxe que peut s'offrir une fine couche de la population; quant aux "autres", les pavillonnaires, les lotissementeurs, les résidencileurs, et bien: crédit sur 30 ans, et prévoir de tout reconstruire au bout de 20. Avant, dans le jadis, on pouvait se constituer un patrimoine, et le léguer à sa descendance; de nos jours? Excepté cette petite couche de gens aisés, dont bien souvent les rejetons sont rentiers ou semi-rentiers (merci Sarko d'avoir assouplie la passation d'héritage) ; le vulgum lui, ne pourra que s'asseoir sur son tas de briques/parpaings/PVC, et encore, ce sera miracle, car, son proprio est sa banque, qui à l'inverse d'un, en chair et en os avec qui parfois on peut s'arranger, là, dès les 1ers incidents de paiement le banquier met des hypothèques, puis bazarde la bicoque pour 3 francs six sous. Le péquin est à la rue avec femme, moutards et canaris. Comme c'est souvent à la suite d'un licenciement, d'une grosse boite qui fait des bénefs, mais qui ferme tout de même... A croire que la banque et cette boite pourrait être de mèche et qui d'une pierre, plutôt d'un parpaing deux coups; à qui profite le crime?... D'un coté on délocalise et de l'autre on fout dehors ceux qui ont payés durant des années leur crédit... Tout ça c'est un bon business, sauf, qu'il y a des dégâts collatéraux: le père qui boit, la femme qui fait des ménages, ou l'inverse, les enfants qui ne font plus rien à l'école, mais qui seront marqués à jamais par "cette dérive" et dégringolade sociale, et qui, adultes s'en souviendront et se tiendront à carreau histoire de ne pas vivre la même galère... Il courberont l'échine sous la tache sans jamais rechigner, déjà vaincu avant de naitre. Les parents eux, ben, ils divorceront, et le tas de briques est revendu pour rien, car, bien souvent il reste encore des traites à payer, et comme la banque a ses accointances chez les élus, le lobbying faisant son job: de belles lois s'arrangent afin que faire raquer les parents, les enfants, les petits et arrières enfants s'il le faut jusqu'au dernier fifrelin; les riches ont inventés: "Qui payent ses dettes s'enrichie", ouais, tout dépend de quel coté on est, on nait. (waouh, un vrai discours de communiste! Trouvez pas?)

Autant les demeures bourges

sont entourées d'arbres centenaires, de cour gravillonnée, de murs couverts de lierre; autant chez les "autres", c'est zones pavillonnaires, avec murs d'enceintes concentrationnaires, portails électriques, goudron et béton, quelques arbustes chétifs, systèmes de sécurité et d'alarme, cameras infrarouge, patrouilles de vigiles, et le must: panneaux indiquant que ce quartier est sous "surveillance citoyenne".

Le riche s'isole, le pauvre se barricade; le riche festoie en compagnie d'une descendance nombreuse, "l'autre" barbecute avec son beau frère Dédé et la maman qu'a apportée les merguez, Sidi Brahim.

Chapitre "délétère"

Comprends pas pourquoi "ils" flippent autant? Si j'étais cambrioleur ce serait vers les grosses baraques que je fricfraquerais, en étant certain que bien souvent mes forfaits ne seraient pas dénoncés... "Ils" ont tellement à dissimuler. Dans les pavillons, c'est une autre paire de manches: la TV crache en continu son lot de mauvaises nouvelles histoire de garder le quidam dans une atmosphère anxiogène à souhait, atchoum! IL-Elle a peur; de quoi? DE tout. Et pis "on sait jamais" et pis "on y peut rien"... Toutes ces luttes pour en arriver là. Une population asservie qui se surveille elle même, qui s'autocensure elle même. L'esclavage enfin considéré comme un style de vie, une promesse de demain, et une projection futur; car, ceux qui suivent, à moins d'avoir des tripes en ferraille, seront d'autant + dociles, qu'ils auront vus grands parents et parents se vautrer durant toute une vie dans le veulerie la plus abjecte. Amen! (je sens que je vais me faire des amis; ben tans pis!)

Pour 1 français sur deux la vie est réglée comme du papier à moustique (vous savez ces trucs tortillés que l'on mettait à pendre au plafond et qui par la colle étalée dessus, scotchait les mouches et moustique); ben, ça me fait penser à ça. Un triptyque: L'usine ou l'entreprise (les bâtiments sont de toutes manières aussi déprimants et ne parlons pas de l'ambiance délétère); le lotissement (et ne parlons pas de l'ambiance délétère) et le supermarché le samedi (et ne parlons pas de l'ambiance délétère). Le dimanche, on s'emmerde pas possible dans une ambiance encore plus délétère, car, dans ces zones préurbaines ben ya rien. Des rues se croisent, s'entrecroisent, des ronds points au milieu de nul part ailleurs, des bagnoles garées à croire que toute la maison a été construite autour de ces horreurs. Pas âme qui pisse, même pas un clébard qui aboie, un coq qui chantoie, des oiseaux partis car, pour eux trop délétère comme environnement. On dirait des zones de non vie. Ce sont des zones dortoirs, mangeoires, baisouilloir (et pas touts les jours); mouroir, c'est certain!

Des Humains sauvagement scotchés[i]

Evoquons ici une pratique dégoûtante, fort prisée dans les requins de la finance. Considérant qu'il est gênant, mais toutefois utile d'avoir des Humains dans les pattes, la Mouche Finance redouble d'ingéniosité lorsqu'il s'agit d'inventer des procédés pour les accrocher.

- La technique du papier collant, qui consiste à engluer l'Humain au moyen d'un ruban adhésif. Comment expliquer que la Mouche Finance puisse prendre plaisir à voir ces bipèdes agoniser lentement, scotchés sur un infâme colimaçon qui pendouille au beau milieu de la cuisine ? Pour les pauvres créatures attrapées, la mort survient par épuisement, au bout de longues années passées à tenter de se dégager. Quant à la Mouche Finance? Elle s'en sert comme exemple à ne pas être afin d'élever sa progéniture dans le sens de ne "jamais être cela": scotché à son joug. Et ainsi, de générations en générations, la distribution des richesses reste dans les pattes du même petit groupe; on peut penser que cette fois ci ça a commencé vers 1850... Le Creusot et le Baron tronche à claques Sellière; et avant? Ben, Capet et ses potes, pas moins de 600 ans avant d'en perdre la tête; un bail; zen ont chiés les cerfs, les manants, les vilains; qu'en aux ci-devant? Ben l'éclate à Versailles ventre st gris !

Tout ce petit topo suite à la lecture fort instructive d'un excellent livre:

Le Cauchemar Pavillonnaire par Jean Luc Debry... Devrait être remboursé par la sécu, tellement salutaire pour une bonne santé morale. "« L’ego dans son enclos » et pas de quartiers ! En s’appuyant sur l’exemple emblématique des lotissements, habitat parfaitement cloisonné et autocentré, Jean-Luc Debry, aligne les classes moyennes pour le compte. En fustigeant leurs étroits horizons et leurs médiocres ambitions, c’est finalement le règne sans partage de la consommation qu’il met à nu."[ii]

Et ainsi, bien barricadé et replié derrière ses haies de thuyas, ses portails opaques, et ses  panneaux "chien méchant" - Bien à l'abri donc, dans sa "citadelle domestique"[iii], il peut, entre deux traites, voir sa vie aller...  En pantomimes.

" Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux "

Etienne de la Boétie: Discours de la Servitude Volontaire - Ecrit à l'âge de 18 ans en 1574

 

Georges Zeter/Avril 2015

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