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Georges L. ZETER

Georges L. ZETER

Ici tout va bien, exceptée la réalité - Here? Everything goes well, except reality.


Ecole Versus Parents: Match Sans But !

Publié par Georges L. Zeter sur 23 Janvier 2015, 13:42pm

Catégories : #xx

Ecole Versus Parents: Match Sans But !

"L’école mobilisée pour former des citoyens..." Encore un titre ronflant, vide de sens mais qui sonne bien. Bonne chance Hollande ! Car lorsque je vois comme les gamins sont éduqués à la maison, c'est pas demain que ces petits angelots vont avoir la conscience citoyenne; à savoir: penser un peu à la communauté avant de penser à sa petite gueule. Vous me direz que bien souvent les parents sortent du même tonneau, occupés qu'il sont à envoyer des texto, être pendus à leur I-Phone, les méninges dans l'internet, l'œil sur les soldes, ou sur la bagnole à crédit; et pour faire bonne mesure j'irais jusqu'à convoquer les grands-parents, qui pour la plupart maintenant retraités se contrefichent de savoir si ceux qui cotisent aujourd'hui pour qu'eux puissent bénéficier des avantages 3eme âge, auront une retraite; de toute façon seront tous passé à trépas le temps révolu, alors? Après MOUA le déluge... Mais en attendant, votons Sarko 2017 !

C'est surtout les parents qui sont les plus intéressants. Lorsque l'on traite ses enfants comme des demi-dieux, et qu'un mouflet de 3 ou 4 ans accapare toute l'attention, toute la conversation par ses babillements miraculeux, pas étonnant que lâché dans une école, un collège, un lycée, ce charmant bambin, préado, ado, jeune adulte ne se sente plus et n'accepte aucune contrariété même la plus légère qui pourrait venir barrer sa route toute tracée vers cet être miraculeux en devenir; hosanna, hosanna ma progéniture est nobélisable ! Sinon, qu'un "adulte", ce fou le remette en question ou à sa place? il faudra convoquer la cellule psychologique en mode dare-dare, ou bien rassembler le banc et l'arrière banc d'un aréopage d'enseignants afin de lui trouver des circonstances atténuantes, de comprendre son mal être et de le soutenir afin qu'il se reconstruise... Snif-snif je souffreuuux MOA-MOA !!!

Vous avez tous en tête ces scènes quotidiennes où en visite chez des amis il est absolument impossible d'avoir la moindre conversation; car lorsque le ou les bambins déboulent, toute l'attention de la maisonnée est tendue vers ces demi-dieux (je me répète je sais), et seulement des saintes paroles sortent de ces augustes bouches si innocentes, si édentées... Et c'est nous, un jour prochain, nous les enseignants qui récupérons ces graines de tyranneaux, qui interrompent nos cours pour poser des questions saugrenues ou sans rapport avec le sujet, et qui rembarrés s'exclament ulcérés : "avec vous m'sieur on peut pas discuter"; ben oui mon bonhomme, on peut pas, car, si tu avais appris à la boucler et à l'ouvrir à bon escient, tu n'entendrais pas ce genre de remarque.  Bien souvent, il faut vraiment se fâcher pour faire taire le trublion - et oui on est pas de fer, et quand finalement très agacé car, c'est souvent les mêmes qui dérangent ; et bien un jour vous les punissez par une "colle" d'1 heure, histoire d'apprendre les bonnes manières. Dès le lendemain la maman accompagnée du papa veut vous voir tel un laquais convoqué par ses maitres. Là, il faut faire preuve d'une grande patience. Cette maman va vous démontrer par a+b que c'est de votre faute, que vous ne savez pas vous faire respecter et que vos consignes sont abscondes et imprécises... J'ai là ma petite technique de réponse : je demande aux deux parents: si la punition demandée est juste ou non et si elle doit être exécutée, car, je dis bien "si une punition n'est pas comprise elle ne sert à rien n'est-ce pas Madame?"  Comme la maman est prête à m'égorger et que le papa regarde ailleurs, je leur dis: "et bien donc la punition est levée, et je vais de ce pas la faire ôter par la cpe"; je sens tout de suite un léger mieux et tous sourires la famille s'en va vers de nouvelles aventures, quant à moi, je me dis que ce n'est pas mon rôle d'éduquer les enfants des autres. L'élève, plein de lui même, et de son pouvoir rigole sous cape et fait le mariole avec les copains-copines.

Aussi, histoire d'être bien compris: lors des rencontres parents/enseignants je suggère aux pourvoyeurs de marchandises et plaisirs que leur cher enfant devrait travailler le soir sur ses devoirs, et bien invariablement la réponse est : "vous savez Monsieur, il ne veut pas, je n'y peux rien ! " Ouais, "je nie peut rien!"

Voilà à quoi nous sommes confronté. Des enfants qui ont reçus comme seul viatique d'éducation les pleins pouvoirs pour être les despotes de leur parenté, de leurs enseignants et plus tard... Mais là je ne suis plus là pour les voir agir, Ouf !  Ce qui est effrayant c'est qu'à ce moment là ils peuvent voter... Mazette!

Revenons à ces mamans: avec qui il est devenu impossible d'avoir le moindre mot au téléphone, car trop accaparée par leurs infernales progénitures; ces enfants toujours en demande envers l'adulte, accrochés à ses basques, sortant rarement pour jouer dehors, et vivant comme des belettes au terrier. Ils sont plantés devant l'omniprésente TV qui débite dessins animés sur dessins inanimés comme on débite de la saucisse chez Olida; des enfants devenus incapables de jouer entre eux, d'être créatifs et qui attendent que la mère soit leur animatrice, leur souffre douleur et hors de question de se prendre en main, ils sont déjà passifs et gros consommateurs de babioles de marque fabriquées chez les pôvres du tiers monde, et qui jetées en un rien de temps sont remplacées comme par magie par cette corne d'abondance qu'est papa, maman et tata de la caverne d'Ali baba. Ils sont déjà façonnés pour devenir des patates de canapés, qui regarderont des plus avachis qu'eux dans des shows de TV réalité, regarderont des matchs animés par des semi-demeurés pousseurs de baballes qu'ils envieront ou des émissions à décerveler huitres ou poulpes déficients; bref, comme chantait machin, "ils feront de bons français", et deviendront sans aucune peine, comme leurs parents, non pas des chasseurs-cueilleurs, mais des consommateurs - pousseurs de Caddy ; et jamais ils n'auront l'idée et l'once d'un soupçon de se dire "tiens, il y a 7 milliards d'individus autour de MOA, teins-tiens peut être devrais-je aller vers eux; tiens ?".

Ce qui est monstrueux en tout cela, c'est que ces mamans aimantes à perdre la raison et le bon sens construisent la propre misère future de leurs enfants: car, à part dans certains milieux bourgeois français ou les valeurs de bases sont acceptées, dans les milieux plus modestes, plus populaires la transmission d'une génération à l'autre se fait trop souvent par l'acte d'achat, les cadeaux hors de prix, la surconsommation alimentaire, vestimentaire et le gaspillage de tout en tout. Avouez chers lecteurs qu'avec ça, c'est un peu léger pour traverser la vie non?

Alors je me marre des annonces du type: "L’école mobilisée pour former des citoyens..." Alors que les parents ont renoncés à former des hommes et des femmes de bien.  Dans une société qui fait absolument tout pour individualiser, pour prôner le chacun pour soi... Pour diviser, ça m'en gondole le péritoine!

"Mercredi 21 janvier, lors de ses vœux au monde éducatif, le chef de l’Etat a évoqué ni plus ni moins qu’un « acte II » de la refondation de l’école (après la loi sur l’école de 2013), dont sa ministre de l’éducation a donné les détails, jeudi 22 janvier : un nouvel enseignement moral et civique, un renforcement de l’éducation aux médias et à l’information, une formation des enseignants à la transmission des valeurs de la République, une Journée de la laïcité célébrée chaque 9 décembre…"[i]  Ben voyons! Les profs devenus des commissaires du peuple ! Déjà comme chantait Léo Ferré en référence "ce qui est gênant dans la morale, c'est que c'est toujours la morale des autres"; et oui, au lieu de former nos enfants à l'originalité de la pensée, la création, la curiosité, le respect du savoir et le respect des autres, on veut, d'un coup de ripolin en 1 ou 2 heures par semaine apprendre "la bonne morale", "les bonnes valeurs de la république", "le bon civisme" et enfin : éduquer sur les médias et l'info, plus précisément: éducation aux médias, afin que « les élèves fassent la différence entre ce qui est de l’information et ce qui n’en est pas » Yes! à partir de l'hadopi et du Figaro en passant par chez Bouygues ou Dassault comme cautions morales...

Tout ça pour dire que parler de laïcité alors que le citoyen lambda n'a aucune idée de ce qu'est "l'autre" ressemble à un gag des Marx Brothers. Je crois que Le Vrai problème se niche dans la mentalité générale, mentalité basée sur le "marcher sur l'autre pour y arriver", sur "la vie est une jungle, seulement les plus forts survivent", sur l'esprit de compétition avec ses 1er, 2eme et podium... C'est exactement là où le bat blesse; Un profond problème de civilisation et accessoirement d'éducation ! Amen bro !

 

Georges Zeter/Janvier 2015

 


[i] http://www.lemonde.fr/education/article/2015/01/22/l-ecole-mobilisee-pour-former-des-citoyens_4561563_1473685.html

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